Présentation d’un secteur d’activité: le BTP
Le BTP, ce secteur au chiffre d’affaire colossal, regroupe deux grandes activités qui sont le bâtiment et les travaux publics.
Le bâtiment s’occupe de la construction, l’entretien ou de la rénovation des immeubles, des maisons et des bâtiments. En 2004, 293000 entreprises vivent du bâtiment pour plus d’un million de salariés, le chiffre d’affaire représente 98 milliards d’euros.
Les travaux publics s’occupent des travaux d’intérêt collectif, en aménageant des moyens de transport, de communication ou encore des équipements nationaux. En 2003, 255600 salariés constituent plus de 8000 entreprises pour un chiffre d’affaire de 46,7 milliards d’euros. En 2007, le chiffre d’affaire global du BTP était de 178 milliards d’euros.
Le secteur du BTP est particulier pour différentes raisons.
Tout d’abord, la production n’est pas un bien directement consommable et manipulable, la production peut investir le domaine public et modifier considérablement l’environnement, la production peut aussi investir le domaine privé lorsque des travaux de construction ou de rénovation sont envisagés chez le particulier. Ce dernier dépensera davantage d’énergie afin de surveiller le bon fonctionnement du chantier selon ses choix et ses exigences. La production a un caractère unique.
Le marché du BTP suit les fluctuations économiques de croissance externe, une entreprise ne dépend pas seulement de sa seule dynamique, mais de l’Etat ou de collectivités. Le système des appels d’offre, et la compétition inter-entreprises pour décrocher un contrat, régulent le marché.
Le nombre important d’entreprises tient surtout au fait que les domaines de spécialisation du secteur sont extrêmement variés. D’un coté, nous distinguons le « gros oeuvre », les entreprises qui s’occupent des travaux lourds et conséquents, comme la construction d’une structure ou d’un squelette, et de l’autre, les « corps d’état » qui s’occupent des travaux d’équipements légers, par spécialité (plomberie, ou encore les électriciens). Ces corps de métier peuvent être amenés à travailler ensemble, parfois en même temps sur un chantier.
Le secteur a subi une première crise économique dans les années 80. Le secteur a été considérablement touché avec le recul du marché, les commandes privées et publiques ont diminué, les opérations sont aussi de plus petites envergures. Cette baisse s’aggrave avec l’exigence des demandes sous les contraintes économiques, qualitatives, techniques, et de temps. L’organisation du secteur s’est aussi transformé, en 1er lieu du fait de la centralisation des entreprises, en 2e lieu du fait de la diversification des activités.
Si la santé du BTP était nettement en croissance ces 3 dernières années, le récent ralentissement économique a un impact important. Les permis de construire baissent, les crédits sont plus difficiles a obtenir et les ménages attendent une reprise économique. Les analystes parient sur une relance des travaux publiques dans un premier temps pour une crise qui pourrait durer jusqu’en 2011. Si les licenciements ne semblent pas à l’ordre du jour, nous pouvons noter un accroissement des effectifs en recul.
Cependant, une nouvelle forme de crise peut être détectée en considérant l’évolution de l’effectif salarial. Car malgré un nombre d’employés important qui vit du BTP, la population diminue depuis le début des années 90, passant de 1295000 en 1991, à 1100000 en 2004. Le secteur attire peu les jeunes, les moins de 25 ans ne représentent que 13,4% de la population lorsque ce taux était de 23,2% en 1970. C’est donc un vieillissement des effectifs qui touche le secteur, et ce de plus en plus important depuis 30 ans. Durant cette période, la moyenne d’âge du secteur est passée de 35,2 ans à 38, 9 ans, et ce vieillissement semble même s’accélérer depuis les années 90. A l’aube du papy boom qui va être particulièrement conséquent dans le BTP, les difficultés de recrutement et de pénurie ne font que commencer.
Sur le plan de la sécurité, le secteur est particulièrement risqué, non seulement les accidents sont plus fréquents que dans les autres secteurs (20% des accidents du travail pour seulement 8% des salariés nationaux), mais ils sont aussi trois fois plus graves. Car malgré une légère baisse des accidents de travail entraînant un arrêt de travail (-3,8% de 2002 à 2003), les accidents mortels ont progressé de 3,6%. Les 175 décès de 2003 équivalent à un mort par jour ouvrable dans le secteur. Une situation inquiétante lorsque les chiffres étaient en baisse depuis les années 90.
Bien qu’encore peu présente, la place de l’ergonomie est cruciale dans le secteur: de part la grande variabilité des situations, de la nouvelle problématique de gestion des âges, mais surtout les accidents particulièrement élevés et un danger constamment menaçant.
