L’ambiance lumineuse: un facteur à prendre en considération
L’ambiance lumineuse est une caractéristique significative d’un poste de travail. L’ambiance lumineuse représente la quantité de lumière naturelle ou artificielle sur la situation de travail. Nous verrons que les conséquences sont nombreuses et qu’il ne faut pas les sous-estimer. Inversement, une luminosité satisfaisante renforce un certain confort au travail. En raison des conséquences sur l’activité des opérateurs, il est nécessaire de prendre en compte ce facteur et de le maitriser.
Comme toute ambiance physique, il faut considérer l’ambiance lumineuse sous deux approches. L’approche spatiale tout d’abord qui peut établir des variations lors de déplacements, nous pouvons alors réaliser une carte d’ambiance sur le poste en question ou tout l’atelier. Ensuite une approche temporelle en s’assurant de la reproductibilité des mesures. Dans le cas de l’ambiance lumineuse, les cycles journaliers ou saisonniers peuvent avoir des conséquences sur celle ci. Nous comprenons le poids d’un tel facteur pour des horaires atypiques par exemple.
Trois variables caractérisent la lumière:
-l’éclairement, en Lux, qui représente la quantité de lumière arrivant sur le poste,
-la luminance, en cd/m², qui représente la quantité de lumière qui va pénétrer dans l’œil,
-le contraste, rapport de luminance entre l’objet et ceux qui l’entourent.
La luminance se distingue de l’éclairement dans le fait que la lumière est le plus souvent propagée de façon indirecte du fait de la réflexion sur les objets. La nature même de l’objet sur lequel la lumière sera réfléchie influencera notre perception de ce dernier. Une surface claire et lisse sera plus réfléchissante qu’une surface rugueuse et noire.
Les effets visuels existent. Cependant l’ambiance lumineuse ne provoque a priori aucune maladie professionnelle. Nous pouvons évoquer des cas extrêmes de lésion de la rétine lors de luminance particulièrement violente, mais dans la plupart des cas cela se traduira par un éblouissement. A l’inverse une luminance ou un contraste trop faible provoquera des difficultés de perception.
Une fatigue visuelle apparaitra en fonction de la durée d’exposition et des difficultés visuelles, notamment lors de tâches visuelles importantes ou d’un mauvais éclairage. Cela se traduira alors par une irritation oculaire, des variations de sensibilité visuelles, des difficultés d’accommodation visuelles, ou plus globalement une fatigue générale de l’organisme et des maux de tête. La probabilité d’accidents du travail augmente en conséquence.
Les aménagements d’éclairage sont relativement simples, le plus difficile est de s’approprier d’un éclairement adapté. La variété des situations et des caractéristiques des opérateurs demandent en effet des éclairements spécifiques. S’il existe des normes de valeurs recommandées, entre 200 et 500 lx, elles sont la plupart du temps insuffisantes et il faut donc envisager des corrections et les adapter aux caractéristiques visuelles de la personne concernée (qui varient avec l’âge) et de son type d’activité (lecture, vision de détails, travail sur écran, cadence…).
S’il existe des valeurs minimales d’éclairement, elles sont aussi largement insuffisantes pour exercer une activité dans un confort satisfaisant. Pour toute tâche développée il faudra invariablement des aménagements adaptés (système d’éclairage, source lumineuse et localisation).
En ce qui concerne les sources lumineuses importantes, pour se protéger de la luminance excessive, seul le port de lunettes est envisageable. L’inconvénient de l’EPI est de rendre plus difficile la perception des zones moins lumineuses, en plus des inconforts physiques qu’ils produisent.
Enfin pour les locaux qui sont exposés aux fluctuations de la lumière naturelle et pour éviter les réflexions sur des surfaces lisses (comme les écrans), il faut essayer de maitriser la lumière naturelle entrante (avec des stores par exemple, il n’existe pas de niveau minimal d’éclairement naturel) et la compléter de lumières artificielles.
Un dernier mot sur l’effet stroboscopique à éviter, particulièrement pour des machines tournantes.
